Comprendre les étapes de la thérapie EMDR permet de savoir à quoi s’attendre avant de commencer un accompagnement. Voici comment se déroule concrètement une séance, du début à la fin.
Les étapes de la thérapie EMDR, phase par phase
L’EMDR agit sur trois niveaux : les émotions (peur, colère, angoisse, honte, culpabilité…), les croyances négatives que la personne a sur elle-même (« je suis coupable », « je ne suis pas digne d’être aimée »…), et les sensations corporelles (boule au ventre, tensions à la gorge ou au plexus…).
Cette psychothérapie se déroule en huit phases :
- Prise de contact : ce premier temps permet de créer un lien de confiance entre la personne et la thérapeute.
- Préparation : la thérapeute explique le déroulement de la méthode et s’assure que la personne dispose des ressources nécessaires pour avancer sereinement.
- Évaluation : ensemble, elles identifient le souvenir à traiter, l’image la plus douloureuse, la croyance négative associée et la sensation corporelle qui l’accompagne.
- Désensibilisation : c’est la phase des stimulations alternées (visuelles, tactiles ou auditives), pendant laquelle le cerveau retraite le souvenir.
- Installation : cette étape renforce une image plus positive et réaliste que la personne a construite sur elle-même pendant la séance.
- Scanner du corps : elle vérifie, à travers les sensations physiques, que le travail a bien porté ses fruits.
- Clôture : elle referme la séance en douceur, quel que soit le point où le travail s’est arrêté.
- Réévaluation : en début de séance suivante, elle permet de faire le point sur le souvenir traité et sur les effets du travail déjà accompli.
Les trois premières phases sont particulièrement importantes : elles précèdent toujours la désensibilisation, qui ne peut commencer qu’une fois la personne prête.
Par ailleurs, tout au long du processus, la thérapeute reste attentive à l’état émotionnel de la personne et évalue son niveau de dissociation. L’objectif est de la maintenir dans sa « fenêtre de tolérance », c’est-à-dire une zone où elle se sent en sécurité pour avancer.
Le travail de transformation
Un recadrage plus rationnel et apaisé
Ce travail d’association tisse peu à peu un lien entre les croyances négatives et irrationnelles nées du traumatisme. Il les relie à des connaissances plus rationnelles, objectives et matures. Par exemple, un enfant abusé était innocent, j’ai des compétences, je ne suis pas mort dans cet accident… Ainsi, ce travail permet de métaboliser, digérer et dissoudre les perceptions négatives initiales. La personne aboutit alors à un recadrage plus adapté, rationnel et sain de la situation traumatique. Elle se dit désormais : je suis innocent, j’ai de la valeur, je suis vivant…
Cette transformation peut s’opérer très rapidement. De plus, l’événement traumatique s’intègre alors dans un nouveau schéma, positif et constructif. L’efficacité de la méthode se mesure d’ailleurs à la réduction, et souvent la disparition, de la souffrance. En effet, l’événement n’est plus porteur de peur, d’angoisse ou de souffrance.
Une exposition brève et respectueuse
Bien sûr, une thérapie EMDR demande d’évoquer un minimum les traumatismes vécus. Mais rassurez-vous : il n’est pas nécessaire de les décrire en détail. De plus, les thérapies comportementales demandent souvent de s’exposer en imagination au traumatisme pendant de longues heures. En comparaison, l’exposition en EMDR ne dure que quelques secondes. Elle se limite au tout début de la phase de retraitement, au moment où l’on active le souvenir.
L’observation pendant les stimulations
Dès que la stimulation commence, la personne adopte une posture d’observateur. Cette posture n’est pas anodine, c’est elle qui rend possible le travail de transformation. En laissant simplement venir ce qui vient, sans s’accrocher à rien, elle permet à son cerveau de faire les liens nécessaires entre le souvenir douloureux et une compréhension plus apaisée du passé.
Il arrive que des sensations, des images ou des souvenirs remontent à la surface, parfois accompagnés de larmes. Ces réactions restent généralement brèves. À la fin de chaque série, la personne est simplement invitée à partager, si elle le souhaite, ce qui lui traverse l’esprit. Le processus se poursuit ainsi, série après série, jusqu’à ce que la charge émotionnelle s’apaise.
Vers un souvenir enfin apaisé
Progressivement, souvent plus vite qu’on ne l’imagine, le souvenir évolue et se transforme. Il s’éloigne, devient flou, perd sa charge douloureuse. Le regard porté sur l’événement change, tout comme la façon de se percevoir soi-même. Comme dans tout apprentissage, une leçon de vie peut en être tirée.
Le traumatisme devient alors un souvenir parmi d’autres. On ne l’oublie pas, mais il trouve enfin sa place dans le passé, avec un début et une fin. La croyance négative évolue alors spontanément vers une croyance positive, réaliste et adaptée. La personne se dit : je suis innocente, je suis respectable, je suis quelqu’un de bien… Une plus grande estime de soi émerge.
Ainsi, la personne sort peu à peu de son statut de victime.