Les hypothèses scientifiques sur le mécanisme d’action
Une question sans réponse définitive
Une question revient souvent : comment expliquer un effet thérapeutique aussi spectaculaire ? La réponse reste décevante, on ne sait pas vraiment. Rassurez-vous, c’est le cas pour toutes les psychothérapies, et il en existe plus de 400 ! Les nombreuses recherches menées actuellement apportent néanmoins quelques pistes intéressantes.
L’hypothèse de la synchronisation des hémisphères
L’EMDR active alternativement les deux hémisphères du cerveau, ce qui favoriserait une meilleure synchronisation entre eux. Ainsi, cette synchronisation permettrait d’intégrer le souvenir traumatique : l’hémisphère gauche traiterait l’émotion positive, le droit l’émotion négative.
Par ailleurs, on sait que les mouvements oculaires diminuent la fréquence cardiaque et la conductance de la peau. Concrètement, moins le stress est élevé, moins cette conductance est grande. Cette relaxation stimule ainsi le système parasympathique, dont l’acétylcholine est le neurotransmetteur, ce qui permet d’intégrer les souvenirs douloureux. À l’inverse, le système sympathique, activé par l’adrénaline liée à l’angoisse du souvenir traumatique, empêche cette intégration.

L’hypothèse de la double attention
D’autre part, adopter une attitude de « double attention » semble aussi avoir un effet thérapeutique. Il s’agit d’être attentif à ce qui se passe à l’extérieur de soi (en suivant les doigts du thérapeute, par exemple) tout en restant attentif à ce qui se passe à l’intérieur (images, émotions, sensations). Cette attitude se rapproche de celle de la méditation de pleine conscience (mindfulness), où l’on reste simple observateur de ses pensées, émotions et sensations, moment après moment.
De nombreuses recherches sont en cours pour nous permettre de mieux comprendre l’efficacité de l’EMDR.