
Ce qu’il faut savoir avant de se lancer
La durée du traitement varie selon les situations
L’EMDR est très efficace, mais elle n’est pas une thérapie miracle, ou une thérapie « brève » dans toutes les circonstances. Le traitement d’un traumatisme unique, survenu chez un adulte en bonne santé, ne prendra effectivement que quelques séances (un viol, un accident de voiture par exemple). Mais le traitement d’une personne qui a été traumatisée dès son enfance, pendant longtemps, et qui n’aura pu bénéficier d’un attachement sécurisant, pourra parfois durer plusieurs années.
Des situations qui demandent un(e) thérapeute expérimenté(e)
Certaines victimes d’abus sexuels sont très dissociées, à tel point qu’elles sont parfois considérées comme des schizophrènes, alors qu’elles ne le sont pas. On retrouve par contre beaucoup de symptomatologies évoquant un trouble « état limite », caractérisé par une instabilité généralisée (dans le comportement, l’humeur, les relations avec les autres). L’intensité de ces tableaux cliniques, et les risques de décompensation qui existent, doivent faire réserver l’utilisation de l’EMDR à des thérapeutes formés et expérimentés.
Quand l’EMDR est (peut-être) trop efficace
L’EMDR est efficace, parfois presque trop ! Les changements importants qui surviennent, les prises de conscience parfois douloureuses peuvent être déstabilisants. Comment se reconnaître quand nos fondations se transforment ! C’est parfois la relation conjugale qui se trouve déséquilibrée, le conjoint ne reconnaissant plus son ou sa partenaire. Les éventuelles conséquences négatives des changements positifs qui surviennent doivent être abordées avec la personne, parfois avec son conjoint.

La peur de souffrir et la tentation de fuir
Bien entendu, personne n’a envie de souffrir. Ce qui explique que certaines personnes refusent d’entreprendre cette thérapie car elles ont peur d’avoir trop mal. Comment peuvent-elles accepter de repenser à ces événements lointains, tellement douloureux qu’elles ont tout fait pendant des années pour s’en protéger, parfois en les enfermant dans une sorte de placard, bien barricadé. Et on leur demande maintenant d’ouvrir la porte ! Plutôt fuir …
Le contrôle reste entre les mains du patient
Il est important de préciser simplement que le retraitement se fait d’une manière propre à chacun, et à la vitesse que chaque individu peut supporter. C’est le rôle du thérapeute de veiller à ce que la personne ne sorte pas de sa « fenêtre de tolérance ». Quoi qu’il en soit, bien entendu, la personne peut toujours interrompre, par un signal convenu, la phase de retraitement si elle en ressent le besoin. C’est le frein d’urgence, toujours disponible, qui laisse à la victime un contrôle sur le déroulement de la séance.
La parole n’est pas l’outil principal
Rappelons que la parole n’est pas privilégiée dans cette approche. Bien sûr elle est importante dans les premières phases du traitement, comme dans toute thérapie, mais lors de la phase du retraitement, il ne sera pas demandé à la personne de beaucoup parler. Juste quelques mots pour tenir le thérapeute informé de ce qui lui vient à la conscience après chaque série de stimulations alternées. Et si la personne ne veut pas dire ce qui lui vient à l’esprit, elle en a le droit ! Cela n’empêche pas la poursuite du retraitement, ni son efficacité. Le thérapeute n’a pas besoin de tout savoir.

Assumer l’ambivalence pour guérir
Comme d’autres thérapies, l’EMDR met en lumière un phénomène humain bien connu : l’ambivalence. On a mal, on veut ne plus souffrir. Mais une partie de nous semble pourtant s’y opposer.
Cette ambivalence est normale. En effet, tout changement génère de l’angoisse, et l’EMDR permet justement de changer. C’est pourquoi une alliance thérapeutique de qualité entre le patient et son ou sa thérapeute est indispensable. Elle permet de s’engager en toute sécurité sur ce chemin de la découverte de soi et de la guérison.